Un Britannique Excédé Transforme Le Démarchage En Business
Lee Beaumont en avait assez. Cet habitant de Leeds, dans le Yorkshire, ne supportait plus d’être interrompu en pleine soirée télé ou pendant ses moments de détente par des démarcheurs téléphoniques. Plutôt que de subir ou de s’inscrire sur une énième liste d’opposition, il a eu une idée aussi simple qu’audacieuse : transformer son numéro de téléphone en ligne payante.
Le principe est implacable. Chaque entreprise qui compose son nouveau numéro se voit facturer l’appel. Plus la conversation dure, plus Lee gagne de l’argent. « Il doit y avoir un moyen de gagner de l’argent avec ces appels », s’est-il dit après avoir été dérangé une fois de trop pendant son programme préféré.
Pour ne pas pénaliser ses proches, Lee a conservé son ancienne ligne pour sa famille et ses amis. Seules les sociétés commerciales tombent désormais sur son numéro payant. « Je commençais à être agacé par tous ces appels publicitaires, alors je préfère avoir un numéro payant, pour qu’au moins je puisse faire des bénéfices », explique-t-il à la BBC.
Après des recherches approfondies sur Internet, le Britannique a trouvé le système parfait pour court-circuiter ces sollicitations intempestives. Ce qui était un désagrément quotidien est devenu une source de revenus inattendue.
Le Système Qui Fait Payer Les Démarcheurs
Concrètement, comment Lee a-t-il mis en place ce dispositif ? L’investissement de départ est dérisoire : 10 livres (11,80 euros) plus la TVA. En échange, il obtient un numéro en 0871, ces lignes surtaxées que les Britanniques connaissent bien.
Le mécanisme financier est redoutablement efficace. Chaque minute de conversation rapporte 10 pence (12 centimes), dont Lee conserve 7 pence (8 centimes). Le reste revient à l’opérateur qui gère le système. Pour un appel de dix minutes, c’est 70 pence (82 centimes) qui tombent directement dans sa poche.
Ce n’est pas tombé du ciel. Lee a passé des heures à parcourir Internet, à comparer les offres, à décortiquer les conditions. Il cherchait la solution pour transformer ces intrusions quotidiennes en revenu passif. Une fois le système en place, il n’a plus eu qu’à attendre que son téléphone sonne.
Et ça n’a pas manqué. Les démarcheurs ont continué à composer son numéro, ignorant qu’ils payaient désormais chaque seconde de conversation. Un retournement de situation que Lee savoure pleinement.
2300 Euros De Gains Cumulés
Le pari s’est révélé payant, bien au-delà de ses espérances. Après dix-huit mois seulement, Lee avait déjà accumulé 300 livres (353,60 euros). Aujourd’hui, le compteur affiche un total vertigineux : 2 000 livres, soit 2 300 euros.
L’ironie de la situation ne lui échappe pas. « Au départ, j’ai changé mon numéro de téléphone pour freiner les appels publicitaires, mais ils ont continué à m’appeler et j’ai vraiment commencé à gagner de l’argent », raconte-t-il à la BBC. Ce qui devait être un désagrément s’est transformé en véritable aubaine.
Le plus surprenant ? 99 % des entreprises persistent à téléphoner, malgré le coût. Certaines s’adaptent, choisissent l’e-mail quand elles ont son adresse. Mais la majorité continue de composer son numéro payant, alimentant ainsi ses revenus passifs.
« Certaines entreprises s’en accommodent. Parfois, elles ne m’appellent pas et elles ont raison : elles ont mon adresse e-mail, pourquoi ne l’utilisent-elles pas ? », s’amuse Lee. Pourtant, le téléphone reste leur outil de prédilection. Chaque sonnerie devient pour lui une petite rentrée d’argent.
Cette success story personnelle n’a toutefois pas que des admirateurs.
Attention, Danger : Les Opérateurs Sonnent L’Alarme
Du côté des opérateurs téléphoniques britanniques, l’initiative de Lee Beaumont n’a pas été applaudie. Loin de là. Plusieurs compagnies ont rapidement réagi en exhortant leurs clients à ne pas l’imiter, brandissant la menace de « graves sanctions ».
La raison ? Ce système détourne l’usage traditionnel des lignes téléphoniques et pourrait créer un précédent problématique. Si chaque abonné transformait son numéro en ligne surtaxée, l’ensemble du réseau de démarchage s’effondrerait. Les opérateurs voient d’un très mauvais œil cette parade ingénieuse.
Les sanctions évoquées restent floues, mais la mise en garde est claire : ce qui fonctionne pour Lee pourrait coûter cher à d’autres. Résiliation de contrat, amendes, blocage de ligne… Les risques existent bel et bien pour qui voudrait reproduire l’expérience.
En France, la donne diffère. Depuis le 1er mars 2023, le démarchage téléphonique est strictement encadré : uniquement en semaine, de 10h à 13h puis de 14h à 20h. Des créneaux que beaucoup jugent encore trop larges, face à des appels toujours aussi nombreux.
Malgré les listes rouges et les réglementations, les Français continuent de subir ces intrusions quotidiennes. L’astuce britannique fait rêver, mais reste pour l’instant hors de portée. Entre ingéniosité individuelle et risques juridiques, la frontière est mince. Lee Beaumont a trouvé sa parade. D’autres devront chercher ailleurs.