Emmanuel Macron condamne l’attaque contre la Finul au Liban : pétrole en hausse de 30% et détroit d’Ormuz paralysé

La France Se Positionne Sur L’Escalade Au Moyen-Orient

La tension monte d’un cran au Proche-Orient. Emmanuel Macron a dénoncé ce jeudi une « attaque inacceptable » contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays. Une condamnation ferme, formulée après des échanges téléphoniques avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

Sur X, le président français martèle sa position : « La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région. » Il insiste sur le « rôle clé de stabilisation au sud du Liban » joué par la Finul, force de maintien de la paix aujourd’hui prise pour cible.

L’Irak devient un point de cristallisation majeur. Après l’attaque par des drones de l’aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud du pays, Macron a exprimé sa « pleine solidarité » au Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani. « J’ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l’Irak ne soit pas entraîné dans le conflit », a-t-il affirmé, ajoutant que la stabilité de ce pays « est essentielle pour toute la région ».

Paris ne se contente pas de mots. Un porte-hélicoptères amphibie français fait route vers la Méditerranée orientale pour « compléter le dispositif » militaire. La diplomatie d’urgence s’accompagne de moyens concrets face à un embrasement qui gagne du terrain.

L’Iran Riposte Et Les Attaques Se Multiplient

Les moyens militaires se déploient tandis que les frappes s’intensifient. Vendredi soir, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé tirer une nouvelle salve de drones et missiles « contre des cibles dans les territoires occupés et des bases américaines dans la région ». Au septième jour de représailles à l’offensive israélo-américaine lancée le 28 février pour tuer le guide suprême Ali Khamenei, la télévision d’État iranienne diffuse l’information sur une musique martiale.

L’Irak subit de plein fouet cette escalade. Une attaque de quatre drones a visé une base militaire à l’aéroport de Bagdad, abritant une mission diplomatique américaine. « Au moins deux des drones se sont écrasés dans l’enceinte de la base », précise un responsable sécuritaire. Plus au nord, une forte explosion secoue Erbil, capitale du Kurdistan irakien. Une colonne de fumée s’élève d’un hôtel. Les témoins décrivent une scène de chaos.

La police israélienne lance une alerte inédite. Elle met en garde contre l’utilisation de bombes à sous-munitions par l’Iran lors de ses frappes. Des images AFP montrent jeudi soir une nuée de projectiles incandescents tombant vers le sol dans le centre d’Israël. « Elles sont conçues pour libérer sur une zone un nombre important de petites charges explosives », explique un technicien en déminage. Le danger : une partie n’explose pas à l’impact et peut faire des victimes dans la durée. La menace s’étend, les armes se sophistiquent.

Le Golfe Paralysé, Le Pétrole S’Envole

Le détroit d’Ormuz est quasi désert. Depuis lundi, seulement neuf navires commerciaux ont été détectés traversant ce bras de mer stratégique, selon les données du site MarineTraffic analysées par l’AFP. Trois pétroliers et un navire transportant du gaz liquéfié. Certains camouflent par moments leur position. Un effondrement spectaculaire pour ce passage où transite normalement près de 20% du brut mondial et 20% du gaz naturel liquéfié. Les flux d’hydrocarbures du Golfe sont paralysés.

Les conséquences sont immédiates et chiffrées. Le baril de Brent a clôturé vendredi à 92,69 dollars, soit une hausse de 27,88% sur la semaine. Son équivalent américain, le WTI, termine à 90,90 dollars, une augmentation de 35,63% en sept jours. Les cours atteignent des niveaux plus vus depuis 2023. Les marchés s’affolent face au blocage du détroit.

Les automobilistes français subissent le choc direct. Le SP95-E10 se vend vendredi à 1,82 euro le litre, contre 1,72 euro le 27 février, veille des premières frappes. Dix centimes d’augmentation en une semaine. Le gazole flambe encore plus : 1,98 euro contre 1,72 euro, soit 26 centimes de hausse (+15%). Environ 4 771 stations-service ont communiqué leurs prix à Bercy. Pour un plein de 50 litres, la facture grimpe de 5 euros. Du détroit d’Ormuz aux pompes françaises, la guerre se paie comptant.

Tensions Géopolitiques Et Ingérences

Derrière les frappes, les alliances se recomposent. Le Washington Post révèle que la Russie fournirait à l’Iran des informations sur des cibles américaines potentielles au Moyen-Orient, y compris la localisation de navires et d’avions. Trois sources anonymes confirment. Moscou joue sa carte dans le conflit, alors que les États-Unis soutiennent l’Ukraine contre la Russie. Le jeu d’échecs diplomatique prend une tournure explosive.

La Maison Blanche balaie l’information. « Cela ne change clairement rien aux opérations militaires en Iran, car nous sommes en train de les décimer complètement », déclare la porte-parole Karoline Leavitt. Une minimisation qui confirme les révélations. « Nous atteignons les objectifs militaires de cette opération et cela va continuer », ajoute-t-elle face à la presse. Le chef du Pentagone Pete Hegseth avait affirmé plus tôt que la Russie n’était « pas un facteur » dans la guerre contre l’Iran. Les discours se contredisent.

Téhéran hausse le ton sur un autre front. L’Iran menace de prendre pour cible « toutes les installations » de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parviennent à entrer sur son territoire. Le gouvernement irakien et celui du Kurdistan affirment que leur pays ne doit pas servir de base pour des attaques contre les voisins. Des informations évoquent la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière. La guerre risque de s’étendre au-delà des frontières initiales.