Isabelle Adjani Brise Les Tabous : Son Soutien Inattendu À Trump Sur L’Iran
La scène détonne. Dans les colonnes de La Tribune Dimanche, Isabelle Adjani, icône intouchable du cinéma français, prononce des mots que personne n’attendait. Quand le journaliste évoque “l’autre Superman” à propos de Donald Trump, l’actrice ne recule pas : « Oui, quelle ironie ! C’est à partir de lui, de ce qu’il y a de plus improbable comme terreau sain, que part un mouvement sain. » La phrase claque. Elle qui n’a jamais fréquenté les sphères trumpistes, qui n’a jamais affiché la moindre proximité avec l’ancien président américain, le salue aujourd’hui sans détour.
L’explication ? L’Iran. Le soulèvement du peuple iranien balaye tout sur son passage, y compris les réflexes politiques convenus. « J’ai eu tellement peur qu’il n’y aille pas du tout… », confie-t-elle, révélant une angoisse bien réelle. Pour Adjani, les clivages droite-gauche n’ont plus de sens face à l’urgence. Ce qui compte, c’est l’action contre le régime des mollahs. « C’est eux qui feront la peau aux Frères musulmans », assène-t-elle, accusant au passage Téhéran de n’avoir jamais respecté le droit international.
Le paradoxe fascine autant qu’il dérange. Mais pour l’actrice, la cohérence prime sur les postures. Quand l’injustice frappe, peu importe d’où vient la riposte.
“Mon Dieu, On Attendait Ça” : La Joie De L’actrice Face Au Mouvement Iranien
Cette urgence, elle la porte depuis des décennies. « Mon Dieu, on attendait ça ! », s’exclame Isabelle Adjani en évoquant ce qui se passe en Iran. L’exclamation n’est pas anodine. Elle cristallise quarante-trois ans d’attente, depuis la révolution islamique de 1979 qui a plongé le pays dans la terreur des mollahs. Cette joie qu’elle affiche publiquement tranche avec la prudence habituelle des personnalités françaises sur le dossier iranien.
L’actrice va plus loin. Elle ne se contente pas d’applaudir : elle espère. « J’ai eu tellement peur qu’il n’y aille pas du tout… », confie-t-elle au sujet de Trump. Cette angoisse révèle un constat amer : personne d’autre, selon elle, n’osait franchir le pas. Ni l’Europe, ni les chancelleries, ni les habituels défenseurs des droits humains. Alors quand l’improbable se produit, elle saisit l’opportunité sans état d’âme.
« C’est eux qui feront la peau aux Frères musulmans », prédit-elle, désignant les forces engagées contre Téhéran. L’accusation suit immédiatement : le régime iranien n’a jamais respecté le droit international. Pour Adjani, cette révolte n’est pas un événement parmi d’autres. C’est l’aboutissement d’un combat qu’elle mène depuis sa lecture publique des Versets sataniques, trente-sept ans plus tôt.
Des Versets Sataniques À Mahsa Amini : Trente-Trois Ans De Combat Contre L’intégrisme
Ce combat, elle l’a initié sur la scène des César. Le 4 mars 1989, quinze jours après la fatwa de l’ayatollah Khomeyni contre Salman Rushdie, Isabelle Adjani lit en direct un extrait des Versets sataniques. Le geste est retentissant. L’Iran menace, les chancelleries s’inquiètent, mais l’actrice tient bon. Depuis, elle ne lâche rien : chaque fois que l’écrivain est menacé, elle rappelle que les artistes doivent être défendus, même au prix de tensions diplomatiques.
Septembre 2022. Mahsa Amini meurt aux mains de la police des mœurs iranienne. Adjani réagit immédiatement : elle coupe une mèche de ses cheveux, symbole de révolte adopté par des millions d’Iraniennes. Le geste résonne dans le monde entier. Elle va plus loin et appelle les femmes portant le voile en France à l’enlever par solidarité avec celles qui manifestent à Téhéran, Ispahan ou Chiraz.
Ces Iraniennes, elle les compare à des Antigone modernes : debout face au pouvoir, prêtes à tout risquer pour la dignité. Trente-trois ans séparent la lecture de Rushdie de la mort de Mahsa Amini. Trente-trois ans pendant lesquels Adjani n’a jamais varié. Pour elle, cette révolte n’arrive pas par hasard. Elle est l’aboutissement de quarante-trois ans de résistance souterraine, depuis 1979, année où l’Iran a basculé.
«J’ai Toujours Combattu L’injustice» : Les Racines D’un Engagement
Cette révolte attendue depuis quarante-trois ans, Isabelle Adjani la porte en elle depuis l’enfance. Face au journaliste de La Tribune Dimanche, elle remonte aux sources. Les humiliations subies par ses parents, la violence à la maison : tout est là, gravé. De ces blessures naît sa devise, absolue, sans négociation possible.
« J’ai toujours combattu l’injustice, et je la combattrai toujours », déclare-t-elle. Pas un slogan. Une ligne de vie. Ce qu’elle a vu enfant, ce qu’elle a ressenti dans sa chair, explique tout : les gestes aux César, les cheveux coupés, les appels lancés aux femmes voilées. Chaque prise de position découle de ce traumatisme fondateur.
C’est cette enfance qui la rend imperméable aux étiquettes politiques. Peu importe que Trump soit de droite, peu importe qu’il cristallise les passions. Quand il est question d’Iran, de femmes battues, d’artistes menacés, elle refuse les réflexes partisans. L’injustice ne se négocie pas selon les camps. Elle se combat, point final.
Et c’est précisément cette intransigeance qui la pousse à saluer l’improbable. Là où d’autres voient une contradiction, elle voit une opportunité. Un terrain improbable, certes, mais un terrain d’où peut enfin naître un mouvement capable de faire tomber les intégristes. Pour Adjani, l’essentiel n’est pas de savoir qui agit, mais que quelqu’un agisse enfin.