Jordan Bardella contesté à Saint-Denis : il dénonce « l’intolérance » du maire LFI Bally Bagayoko

Une nouvelle polémique oppose le Rassemblement national et La France insoumise, après des déclarations du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, visant Jordan Bardella. L’élu local a remis en question l’ancrage du dirigeant du RN dans la ville, déclenchant une réaction immédiate et virulente de ce dernier.

Invité de la matinale de RTL, Bally Bagayoko a affirmé que Jordan Bardella ne pouvait être considéré comme un véritable habitant de Saint-Denis, malgré son enfance passée dans la cité Gabriel-Péri. « Il se dit de Gabriel-Péri mais nous ne le reconnaissons pas comme étant Dionysien », a-t-il déclaré, relançant un débat sensible sur l’identité locale et l’appartenance territoriale.

Ces propos n’ont pas tardé à faire réagir Jordan Bardella, qui met régulièrement en avant ses origines modestes et son parcours dans cette commune populaire de Seine-Saint-Denis. Sur le réseau X, l’eurodéputé a dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction majeure dans le discours de son opposant politique. Il accuse le maire de prôner la lutte contre les discriminations tout en tenant des propos qu’il juge excluants. « Le maire de Saint-Denis fait la tournée des plateaux pour dénoncer le racisme, mais il est le premier à promouvoir l’exclusion et l’intolérance », a-t-il affirmé.

Jordan Bardella a également répondu sur le terrain symbolique, en évoquant ses origines familiales. Il a souligné que les enfants d’immigrés italiens, comme lui, semblaient être exclus de ce que certains appellent la « Nouvelle France », une expression associée aux discours de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise.

De son côté, Bally Bagayoko n’en est pas à sa première prise de position sur ce sujet. Quelques semaines auparavant, il avait déjà déclaré que Jordan Bardella était peu connu à Saint-Denis. Toutefois, il avait tenu à saluer le parcours de la mère de ce dernier, ancienne assistante en école maternelle dans la ville, qu’il avait décrite comme une femme respectée et engagée dans le service public.

Cette polémique intervient dans un contexte particulier pour le maire de Saint-Denis, récemment élu au premier tour des élections municipales. Depuis sa victoire, Bally Bagayoko a été la cible de nombreuses attaques, notamment à caractère raciste, ce qui a contribué à renforcer sa visibilité médiatique. Lors d’une rencontre récente avec Emmanuel Macron, il a d’ailleurs remercié le chef de l’État pour son soutien, tout en estimant que celui-ci était intervenu tardivement.

Au-delà de la polémique, Bally Bagayoko a également profité de cet échange avec le président pour alerter sur les difficultés structurelles de sa commune. Il a notamment évoqué un sous-financement de l’État, qu’il considère comme un frein majeur au développement de Saint-Denis et à l’amélioration des conditions de vie de ses habitants.

Cet épisode illustre une nouvelle fois la forte polarisation du débat politique en France, où les questions d’identité, de territoire et de représentation prennent une place centrale. Les échanges entre responsables politiques dépassent désormais largement les simples divergences programmatiques, pour toucher à des enjeux plus symboliques et parfois personnels, alimentant des tensions durables dans l’espace public.