Plus de 80 % des parents concernés… une réalité qui dérange


Violences éducatives : malgré la loi, des pratiques toujours ancrées chez certains parents

Sept ans après l’interdiction des violences éducatives, les résultats restent préoccupants. Selon un baromètre publié par la Fondation pour l’enfance, une part importante des parents continue d’utiliser des méthodes jugées problématiques pour éduquer leurs enfants.

Près d’un tiers des parents estime encore que certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter.

Des violences encore largement répandues

L’étude révèle que 83 % des parents déclarent avoir eu recours à au moins une forme de violence verbale ou psychologique au cours des douze derniers mois.

Dans le détail, certains comportements restent fréquents : donner une tape, une fessée ou utiliser des mots dévalorisants. Ces pratiques, souvent considérées comme « ordinaires », continuent d’être présentes dans de nombreux foyers.

La fessée encore jugée acceptable

Malgré la loi, un quart des parents considère toujours la fessée comme une méthode éducative efficace et acceptable.

Plus globalement, 32 % des parents estiment que certains enfants ont besoin de punitions corporelles, et 23 % pensent que les parents qui y ont recours ont raison.

Pour la Fondation pour l’enfance, ces chiffres montrent que ces violences restent banalisées, voire normalisées dans certaines situations.

Une différence marquée entre pères et mères

Le baromètre met également en évidence un écart entre les hommes et les femmes. Les pères sont plus nombreux à considérer les punitions corporelles comme nécessaires.

Ainsi, 40 % des hommes y sont favorables, contre 25 % des femmes.

Une loi encore peu appliquée dans les mentalités

Depuis la loi du 10 juillet 2019, toute forme de violence physique ou psychologique est interdite dans l’exercice de l’autorité parentale.

La France avait alors rejoint les pays ayant banni ces pratiques. Plus récemment, la justice a rappelé qu’aucun « droit de correction » n’existait dans la loi.

Un changement encore difficile

Malgré ce cadre légal, les mentalités évoluent lentement. Pour les auteurs de l’étude, le principal défi reste de faire évoluer les pratiques éducatives au quotidien.

Car si la loi pose une limite claire, une partie des parents continue de considérer ces méthodes comme des outils éducatifs, ce qui explique leur persistance aujourd’hui.