professeure d’Evaëlle condamnée : une décision qui ne fait pas l’unanimité


L’enseignante d’Evaëlle, l’adolescente qui s’est suicidée en 2011, ne pourra plus jamais exercer dans l’Education nationale. La Cour d’appel de Versailles vient de condamner Mme B., absente lors du délibéré, à un an d’emprisonnement avec sursis pour harcèlement scolaire. Elle a estimé, contrairement à la première instance, que les faits de harcèlement moral envers cette élève, ainsi qu’un autre élève, étaient caractérisés.

Après la relaxe en première instance l’année dernière, les parents d’Evaëlle, en larmes à l’issue du délibéré, ont salué la décision d’appel, qui reconnaît l’existence du harcèlement de leur fille par sa professeure de français en classe de 6e au collège Isabelle-Autissier d’Herblay, dans le Val-d’Oise.

Une enfant mise à l’écart

Devant la cour d’appel, la professeure de français s’était défendue d’avoir eu un comportement hostile. « Il m’arrivait de répondre sèchement à des élèves mais je n’ai jamais ciblé un élève en particulier », avait déclaré très calmement à la barre l’enseignante. Depuis son entrée en sixième au collège, les problèmes s’étaient multipliés pour Evaëlle, victime de violences et d’insultes de la part de ses camarades mais aussi de brimades et de mises à l’écart par sa professeure de français.

Pendant l’enquête, plusieurs élèves de la classe avaient raconté qu’Evaëlle était la cible récurrente de cette enseignante, qui lui faisait « beaucoup de remarques » et « lui criait souvent dessus ». Evaëlle, 11 ans, décrite comme « précoce », « atypique » et ayant « du mal à entrer dans le moule », s’est pendue dans sa chambre du pavillon familial en juin 2019.