Rhône : un enfant de 2 ans disparu retrouvé… “on a tous pensé au petit Émile”

Un garçon de 2 ans, qui avait échappé à la vigilance de ses parents lors d’une fête de famille dans le Rhône, a été retrouvé en état d’hypothermie après trois heures de recherches intensives menées par les gendarmes.

« Ça aurait pu très mal se terminer », confie l’un d’eux. Samedi soir, aux alentours de 20h10, les gendarmes de L’Arbresle, à une quarantaine de kilomètres de Lyon, sont alertés par des parents affolés. Réunis dans un corps de ferme à Saint-Julien-sur-Bibost, un village d’environ 600 habitants, ils viennent de constater la disparition de leur enfant.

« Ils pensaient qu’il jouait encore dans la ferme… Mais en fin de journée, après avoir fouillé l’ensemble des bâtiments, la famille s’est rendu compte qu’il n’était plus là », explique un gendarme interrogé par 20 Minutes.

« On a mis les moyens »

Face à la disparition d’un enfant, la réponse des forces de l’ordre est « immédiate ». « Un gamin de 2 ans, sans nouvelle depuis la fin d’après-midi, on engage directement de nombreux dispositifs », lâche un militaire. Plusieurs brigades sont dépêchées sur place, rejointes par des équipes cynophiles et une unité de drone équipée de caméras thermiques.

Et pour cause : dans ce type d’affaire, chaque minute compte. « C’est la rapidité d’intervention et les moyens engagés qui sont déterminants », insiste-t-il. Et de reprendre : « Une fois sur les lieux, on a une équipe qui recueille les témoignages et recoupe les informations. Ensuite, on cible les endroits que l’enfant connaît et les secteurs praticables à pied pour son profil. Et on cherche. »

Mais la campagne environnante, avec de nombreuses fermes, complique les recherches. « Ce week-end, les conditions météo, avec beaucoup de pluie et de vent, ont rendu la mission particulièrement difficile, poursuit le militaire. Et les caméras thermiques des drones n’ont finalement rien donné. On avait des points qui s’allumaient partout sur l’écran. Retrouver un enfant de 2 ans, qui a un tout petit gabarit de 80 à 90 cm, au milieu des vaches et des moutons, ça n’a pas été pertinent même si c’était à tenter. »

Retrouvé grâce à Drako

C’est la caméra de surveillance d’un riverain, repérée vers 00h40 par des gendarmes, qui a changé le cours des recherches. Les images ont permis de situer le passage de l’enfant, près de ce domicile, vers 20 heures, donnant ainsi « un point de départ » pour les équipes cynophiles. « Le plus dur pour un chien, c’est de lui trouver une piste, reprend le gendarme. Une fois qu’on a ça, il fait le travail. Là, on a pu avoir un endroit bien précis, ce qui a facilité la suite de l’intervention. »

Drako, le Saint-Hubert du PSIG de Sathonay-Camp, a réussi à suivre l’odeur flairée, remontant un chemin et traversant un champ de vache. Après s’être électrocuté, le chien a finalement mené les secours jusqu’à l’enfant. Ce dernier a été retrouvé à plus de 2 km du lieu de la fête, coincé dans des arbustes, et « complètement enroulé » dans des barbelés, au bord d’un champ. « Il était en hypothermie, précise la gendarmerie. Après 24 heures aux urgences, en observation, le petit garçon s’en sort très bien, sans séquelle. »

« Grosse frayeur pour les parents »

Entre deux heures et demi et trois heures ont été nécessaires pour retrouver l’enfant. Un délai qui aurait pu être fatal, selon les forces de l’ordre. « Les choses peuvent aller très vite. L’enfant peut tomber dans une mare, un étang, ou tomber sur des animaux, indique un des militaires engagés sur l’intervention. Mais pour un enfant de cet âge-là, le danger aussi, c’est le temps. Même un adulte aurait eu du mal à tenir une nuit dehors dans ces conditions météo. » Sans compter l’hypothèse d’une intervention tierce, jamais écartée dans ce genre d’affaire. « On a tous pensé au petit Emile quand on faisait les recherches », confie-t-on à 20 Minutes. Emile Soleil, 2 ans et demi, avait disparu dans le hameau du Haut-Vernet, en juillet 2023. Des ossements ont été retrouvés plusieurs mois plus tard, sans que les circonstances de sa mort ne soient à ce jour élucidées.

« Quand la radio a annoncé que l’enfant avait été retrouvé, vivant, on a tous été très soulagé. On a juste lâché un énorme  »yesssss » », indique un gendarme. Il affirme que, dans ces moments-là, « les recherches sont très angoissantes ». « On n’est pas sous adrénaline mais on avance avec une grosse inquiétude. Tout le monde a des enfants, tout le monde sait ce que c’est. Et personne n’a envie de faire une découverte fatale ou de ne rien retrouver du tout. Et plus le temps passe, plus on s’inquiète. Si on ne l’avait pas retrouvé ce week-end, ça aurait été un engagement sur le long terme, mais on l’aurait fait. »