Tayc Dans The Voice : Le Rappel À L’ordre De La Production
La scène se répète depuis plusieurs jours dans les studios de TF1. Les candidats défilent, les voix s’enchaînent, et dans son fauteuil rouge, Tayc laisse échapper des grimaces. Quand une prestation ne le convainc pas, son visage parle pour lui. « Si j’aime moins une prestation, ça peut se lire sur mon visage », avoue-t-il sans détour au _Parisien_. Un problème pour la production, qui attend des coachs un professionnalisme permanent face caméra.
Le rythme des auditions à l’aveugle est implacable : 130 candidats entendus en quelques jours. « C’est intense et quand je fatigue, mes émotions sont décuplées. Le masque télé, je le tiens moins bien », confie l’interprète du _Temps_. À 19 heures, après des heures de concentration, avec encore cinq chanteurs à écouter, l’exercice devient périlleux pour celui qui découvre l’univers des télé-crochets.
La production réagit rapidement. « On a dû me le rappeler », reconnaît Tayc. L’équipe de _The Voice_ lui demande impérativement de contrôler ses réactions visibles, même épuisé, même déçu. Pour le chanteur habitué à l’authenticité, l’apprentissage est brutal. Mais il trouve du réconfort auprès de ses partenaires : « Heureusement, je suis entouré de piliers : Lara Fabian, Florent Pagny et Amel Bent ». Des vétérans qui connaissent les exigences du direct et la discipline qu’impose le petit écran.
Un Rythme Épuisant Qui Déstabilise Le Nouveau Coach
Cette difficulté à masquer ses réactions trouve sa source dans un calendrier de tournage redoutable. Les auditions à l’aveugle de _The Voice_ se déroulent sur quelques jours seulement, durant lesquels les coachs enchaînent les prestations sans répit. 130 candidats à écouter, évaluer, départager. Une cadence qui met les nerfs à rude épreuve.
« À 19 heures, quand il reste encore cinq chanteurs, ce n’est pas évident », explique Tayc. Après des heures passées dans le fauteuil rouge, la concentration vacille. Le corps accuse le coup. Et avec la fatigue vient la transparence : les déceptions se lisent, les agacements affleurent, le filtre professionnel se fissure.
Pour le chanteur, l’expérience tranche radicalement avec son unique passage télévisé précédent : _Danse avec les stars_ en 2021, qu’il avait remporté aux côtés de Fauve Hautot. « C’est intense et quand je fatigue, mes émotions sont décuplées », reconnaît-il. Dans une compétition de danse, l’intensité physique se libère par le mouvement. Ici, elle doit rester contenue, invisible, professionnelle.
Le contraste est violent. Mais peu à peu, Tayc s’adapte. Apprend les codes. Apprivoise cette discipline du regard neutre que maîtrisent ses collègues de fauteuil. Un apprentissage express sous l’œil vigilant de la production et le soutien bienveillant de coachs qui, eux, connaissent la partition par cœur.
L’Apprentissage Aux Côtés Des Piliers De L’Émission
Cette adaptation express, Tayc ne la traverse pas seul. « Heureusement, je suis entouré de piliers : Lara Fabian, Florent Pagny et Amel Bent », confie-t-il. Trois vétérans du télé-crochet qui connaissent chaque rouage, chaque piège, chaque exigence du format.
L’un d’eux se montre particulièrement protecteur. Florent Pagny ne cache pas son affection pour le petit nouveau : « C’est flatteur qu’un tel taulier me prenne sous son aile, comme un fils », raconte Tayc, visiblement touché par cette bienveillance. Le chanteur de _Savoir aimer_ voit en lui bien plus qu’un concurrent dans la course aux talents.
« Il a été très à l’aise. C’est un vrai showman qui donne de bons conseils aux talents. Grâce à lui, cette saison est top », affirme Pagny. Des compliments qui rassurent Tayc dans ses moments de doute, quand le masque télé menace de craquer.
Car _The Voice_ représente un nouveau chapitre dans la vie d’artiste du spécialiste de l’afro-love. Un territoire inconnu où il avance à tâtons, guidé par ces coachs expérimentés qui ont déjà vécu des centaines d’auditions. Peu à peu, le rythme devient familier. Les réflexes se mettent en place. Les émotions trouvent leur canal.
Mais parfois, même l’apprentissage le plus rigoureux ne suffit pas face à certaines vagues d’émotion. Et Tayc s’apprête à en faire l’expérience.
Quand L’Émotion Vraie Submerge Le Coach
Et puis arrive ce moment. Celui où tous les conseils, toute la préparation, tout le professionnalisme s’effondrent d’un coup. Une voix s’élève dans le studio. Une mélodie familière. Et Tayc se fige.
« Je m’attendais à prendre une claque. Généralement, je contrôle mes émotions à la télé, mais une chanson m’a rappelé mon ‘frère’. Là, je ne me suis pas reconnu », confie-t-il. Ce « frère », c’est Kévin, son meilleur ami disparu tragiquement en 2024. Une blessure encore vive, un manque immense que certaines notes de musique réveillent sans prévenir.
Cette fois, impossible de jouer le jeu. Le masque se fissure complètement. Les larmes montent. L’émotion prend le dessus, balayant toutes les consignes de la production, toutes les exigences du format télé. Dans le fauteuil rouge, Tayc n’est plus le coach professionnel. Il redevient l’homme qui pleure son ami.
Les caméras capturent tout. Cet instant de vulnérabilité absolue, cette vérité brute qui traverse l’écran. Aucun montage ne pourra l’effacer. Aucun rappel à l’ordre n’aurait pu l’empêcher.
« Une expérience très forte que je ne suis pas près d’oublier », résume-t-il. Car dans _The Voice_, Tayc découvre une dimension inattendue : celle où la musique des autres réveille ses propres fantômes. Où les prestations des candidats deviennent des miroirs de sa propre histoire.